mardi 30 octobre 2018

La rédemption du rouge mort








J'étais persuadé d'avoir publié ici même mon avis sur le premier Red Dead Redemption, que j'avais retourné sur PS3, lors de l'hiver 2014.
Je n'ai plus que des souvenirs, désormais balayés par l'intense The Witcher 3.
Par contre, je m'étais juré de jouer à la suite. J'en ai le souvenir d'un désert immense, parcouru à cheval aux rythme des rencontres et des révolutions à mener. Je me souviens aussi d'un récit mémorable, digne d'une série télévisée réussie, au cœur du Far-West. Avec les aventures de Géralt j'ai retrouvé ce fleuve narratif, extrapolé par un univers incroyable.
Ces deux œuvres m'ont fait constater que, même si mes habitudes vidéoludiques sont construites d'expériences de jeux indépendants, les seuls jeux capables de me happer littéralement, de me rendre étanche au monde réel pendant quelques heures, ce sont ces triples A vendus par millions, se déroulant dans un "monde ouvert".

J'ai joué à GTA, à Assassin's Creed, mais aucun de ces opus n'a su capter mon attention suffisamment longtemps pour que je souhaite en parvenir à la fin. Si tant est qu'ils en aient une.
Alors que la fin de RDR1, mes aïeux, quelle affaire ! Celle de TW3, quelle épique conclusion !!
J'ai besoin d'être porté, j'ai besoin d'être bercé et de contempler. Si la difficulté est trop élevée, je ne prends pas goût à suivre, car je subis. Je ne suis pas ce que l'on nomme un "joueur du noyau dur", ni même un "joueur occasionnel". Je définirai ce comportement de "joueur acteur". Même si je ne suis pas friand des jeux comme "films interactifs" façon Telltale. Non, je cherche à m’identifier au personnage, qu'il me raconte son histoire et que je l'aide à réussir. C'est tout. Je n'ai pas à prouver un quelconque talent de joueur ou à partager mon expérience avec autrui. Je joue à un jeu comme je lis un bon bouquin, ou je regarde l’œuvre d'un grand cinéaste.

C'est pour cela que l'achat d'une console Nintendo et la dépense de 200 heures de jeu sur Zelda - Breath of the Wild m'a laissé un peu perplexe. Ce jeu mise sur la découverte d'un monde et la complétion de son univers. La narration est presque absente et quasiment malvenue (à mon sens). J'ai pris du plaisir à escalader les montagnes pour découvrir qu'à Akkala les feuilles des arbres ont la couleur orangée de l'automne... A assembler plusieurs éléments pour confectionner une chouette recette. Et à préférer la marche plutôt que la chevauchée (ce que j'avais déjà fait dans TW3). Je ne l'ai toujours pas terminé, je souhaite trouver tous ses secrets avant d'entrer dans le château. 





A l'annonce d'un Red Dead Redemption 2, une première inquiétude. Ce jeu ne sortira pas rapidement sur PC. Si je ne veux pas me faire déflorer par internet, je vais devoir l'acheter sur PS4. Au fur et à mesure que la ferveur montait, je me préparais. J'ai trouvé une PS4 pro, j'ai terminé quelques jeux que je faisais durer. J'étais forcément en train de me faire avoir. Jamais je n'avais acheté de jeu le jour de sa sortie. Jamais.
Forcément la "presse" et les médias ont survendu le jeu bien avant qu'on l'attende. Alors que j'ai toujours été un joueur patient, je n'ai pas tenu. Je ne sais pas si je suis plus la victime d'un marketing ultra agressif ou si l'achat de ce jeu le jour de sa sortie était quelque chose de normal, vu mes habitudes et mes besoins vidéoludiques.
Bien sur que oui, j'aurais pu attendre une bonne année avant de m'équiper et d'y jouer. Le bon sens même aurait voulu que j'attende au moins les retours critiques. La question que je me pose désormais est "pourquoi aurais-je du attendre ?". Alors que de toute façon il FALLAIT que j'y joue. Ne serait-ce que pour me faire mon propre avis ! Donc oui, pourquoi attendre ?



Alors vous pouvez lire différents avis sur ce jeu. Certains sont dithyrambiques, d'autres vraiment très mesurés. Beaucoup sont déçus, d'autres sont exaltés.
J'ai joué une bonne dizaine d'heures, sans aller consulter d'avis extérieurs autres que mes copains y jouant aussi.
Une chose est sure, je ne suis pas déçu. Je ne crierais cependant pas au chef d’œuvre, du chef d’œuvre il y en a chez TW3, Limbo ou AoE2. Pas de révolution non plus. Simplement un panard. Le plaisir vidéoludique total. Le plaisir de gambader dans la prairie. Le plaisir de chercher son chapeau dans les hautes herbes. Le plaisir de se bourrer la gueule puis de se battre dans la boue. Ou le plaisir de chercher le meilleur point de vue sur le coucher de soleil. Ce jeu n'est certes pas parfait, moi je lui demande de m'emporter dans une histoire, avec une atmosphère, dans un drôle de bled. Et il fait ça très bien.
Mais ce n'est pas un jeu que je conseillerai à tout le monde. Il faut savoir y trouver son compte et tout le monde ne le trouveras pas. J'ai un peu ce même rapport avec Rohmer ou Pialat. Tu sais que ça va être long ou chiant, verbeux, que ça va te malmener un peu. Il va falloir te forcer un peu pour percer l'inattendu et au final tu trouveras ça formidable. Et pis surtout, qu'est ce que c'est beau à regarder.

Je terminerai sur la polémique qui a secoué la sortie de RDR2. Depuis quelques temps, les journalistes vidéoludiques consciencieux commencent à soulever le tapis et dévoilent les systèmes de fonctionnement de certaines entreprises du jeu vidéo.
Comme c'est un média "récent", dans un milieu restreint et peu encadré (malgré l'existence d'un code du travail, il parait), il s'y est développé une sorte de rapport au "travail passion" poussant des entreprises à contraindre leurs employés au "crunch", ou "charrette" en français. Il s'agit d'une période de travail où l'employé ne fait que consacrer sa vie à son entreprise, au développement d'un jeu en cours par exemple, afin de pouvoir assurer la date de sortie du jeu.
Le prétexte apporté est celui du travail comme une passion, d'un dévouement de la personne pour une entreprise reflétant ses idéaux.
Rockstar, comme de nombreux autres studios, est pointé du doigt par des enquêtes à charge. (ici)
En France, un mouvement de boycott a été lancé contre le studio Quantic Dream. (articles de Canard PC et Mediapart, accès payant).
S'il est facile de boycotter QD car leurs jeux sont médiocres, il s'avère plus délicat de le faire pour Rockstar. L'affaire des lootboxes chez EA pour StarWars Battlefront 2, suivi d'un énorme boycott, n'a pas empêché les ventes. EA de son côté a revu sa copie suite à la "tempête de caca" sur les internettes. Le boycott n'est pas un moyen de pression possible contre Rockstar, il aurait dans tous les cas été trop peu suivi pour être décisif. La seule solution contre ces méthodes de travail d'un autre (ou nouvel??) âge est la prise de conscience des employés eux même, soutenus par l'opinion publique (et des syndicats). En France, des changements opèrent, malgré un milieu de niche où chacun se connait. Malheureusement, le jeu vidéo n'est pas le seul domaine où ce type de fonctionnement a lieu...

Bref.

Red Dead Redemption 2 est un paradoxe cruel. Agréable et douloureux. Nécessaire et futile.
Une belle métaphore du jeu vidéo en somme. 


PS: Les images d'illustration sont là pour faire croire que je ne joue qu'à des simulateurs de balade à cheval dans la campagne. Ce qui n'est pas franchement éloigné de la réalité.


Retour après bouclage:

Un peu plus d'un mois après la sortie, j'ai terminé l'histoire principale du jeu, ainsi que l'ensemble des quêtes secondaires. Il me reste quelques missions annexes, les défis et les collections.

C'est simple, je n'ai jamais terminé aussi rapidement un jeu aussi long. D'abord parce que j'ai été happé, ensuite parce qu’il ne m'a opposé aucune difficulté.
Je peux donc distinguer deux soucis majeurs. Le premier est l'absence total de défi. Sans doute car j'ai joué en visée auto, sans quoi je n'aurais rien pu faire, j'ai roulé sur le jeu. Ce problème est lié au second, le verrouillage de la narration et du gameplay.
Au cours des différentes quêtes, le jeu prend la main du joueur, la tient bien fort et l'emmène où il doit aller en lui disant quoi faire. Le joueur ne peut rien choisir. Il ne peut pas choisir l'issue d'un évènement et les conséquences qui en découleraient. Et il ne peut pas choisir la manière dont il peut effectuer ses actions.
Par exemple. On doit infiltrer un endroit pour y trouver quelque chose. Ce lieu est vaste et bien gardé. On pourrait choisir de passer par ici, par là, tuer discrètement au couteau, sniper à l'arc, tendre un piège, mettre le feu...etc... Et bien non, le joueur doit suivre un PNJ qui le guide en lui disant quoi faire, et ce de façon systématique.
Alors certes, cela n'enlève absolument rien au plaisir d'effectuer l'action. Mais c'est un peu comme visiter un gigantesque parc d'attraction sans pouvoir choisir celles que l'on va faire...
Cette absolue rigidité est très frustrante. Surtout quand on vient de Zelda où c'est le contraire, où le joueur doit se démerder avec un bâton, un parachute et une pomme.
Ce gameplay frigide peut refroidir les ardeurs de n'importe quel joueur qui n'accrocherait pas à l'histoire.

Ma copine m'a dit "en fait c'est un film interactif pendant lequel tu as des pauses pour aller chasser".
Les phases de "liberté" alimentent la frustration car elles permettent de mesurer l'ampleur des possibilités données par l'univers, la profondeur des territoires, des peuples et de la nature. J'ai l'impression que Rockstar a eut peur de laisser au joueur la possibilité de faire n'importe quoi et de saccager son petit bijou. J'en veux pour preuve le système d'honneur, qui récompense les joueurs "bons" et punit les "mauvais".

J'ai pourtant passé une cinquantaine d'heures sur ce jeu, effectuant méthodiquement chaque quête que je ne pourrais retrouver une fois le jeu "terminé". Tout mon temps libre y est passé. Simplement parce que l'aventure proposée m'a passionné.
On retrouve les personnages du premier opus, on apprend leur histoire, leurs relations, leurs tensions, leurs déboires. Le personnage principal est d'une consistance rarement rencontrée en jeu vidéo. La fin est terrible, le scénario malmène le joueur, même si il sait comment cela se termine.
Et surtout, les voyages en poney, qui constituent 50% du temps de jeu, sont une façon de vivre le jeu pleinement, de découvrir le monde, d'interagir avec lui avec une forte impression d’immersion. On se laisse porter, brinquebaler sur son petit cheval, au gré des trajets à travers une végétation mouvante.

Ce n'est pas le chef d’œuvre que l'on attendait, ce n'est pas le jeu ultime comme a pu l'être The Witcher 3 bien avant. Le dirigisme dont il souffre est trop handicapant lorsqu'on connait le potentiel de l'univers RDR2.
Mais j'espère très fort des ajouts, des quêtes encore plus fantaisistes et plus "libres".
Si vous n'avez pas l'argent pour partir en vacances, jouez à RDR2, le voyage vaut le détour.





PS:

Petit mémo pour celles et ceux qui seraient intéressés d'y jouer ou qui y jouent déjà: 

Prenez
votre

temps.

Ne rushez pas la trame principale. Tout ce qui est gagné est conservé à la fin du jeu.
J'ai terminé "rapidement" l'histoire, par peur d'être divulgaché de façon honteuse par internet ou les copains.

Le jeu est conçu en deux parties distinctes:

-l'histoire, rigide et dirigée
-l'exploration, libre et flexible


Allez de l'avant, vous ne gâcherez rien à découvrir la carte avant que le jeu vous y amène. En plus vous gagnerez en expérience et en équipement, ce qui est appréciable. Même si on peut faire l'ensemble du jeu planqué derrière un tonneau avec une carabine à répétition.
Il y a mille et un secrets à découvrir. Même si je prend encore du plaisir une fois le jeu terminé, il aurait été encore plus grand si j'avais encore une histoire à finir.

Bref, amusez vous et n'écoutez pas les râleurs blâmant un gameplay moisi et une interface de merde, le jeu est ailleurs.

dimanche 23 septembre 2018

le bikepacking

Je vais parler de "bikepacking". Si j'ai horreur des anglicismes je ne vais pas pouvoir utiliser le terme "emballage de vélo" tout le temps, même s'il définit parfaitement la pratique.

"

bikepacking = emballage de vélo

Solution de chargement visant à optimiser l'espace disponible sur le vélo afin de répartir les masses pour obtenir un vélo chargé mais stable.
Pratique optimale à VTT qui a tendance à se démocratiser dans le cyclotourisme.

On y oppose facilement le biketouring, cyclotourisme en français, ou cyclocamping, dont les pratiquants ont pour usage de fixer 4 sacoches sur des porte bagages. C'est un système de chargement simple, robuste et pratique. Il permet de charger "beaucoup" et facilement mais il n'est pas optimal en tout terrain, du fait de la répartition inégale des charges.

Par contre il faut arrêter de dire que le bikepacking est une "mode" ou du "marketing". Ceux qui en parlent en ces termes ne sont probablement pas les pratiquants.
Certes on en voit beaucoup et les marques s'y sont mis à fond, mais y'a bien des raisons à cela.
"
J'avais écrit ça sur velotaf.com à quelqu'un qui demandait la différence entre bikepacking et touring.

Je tique souvent lorsqu'un randonneur full sacoches Ortlieb/Vaude arrive en disant: "Le bikepacking c'est fantastique. J'ai parcouru la Loire à Vélo avec mon vélo bikepacking." Alors qu'il est en sacoches dites "touring".
Pourquoi cela m’énerve ? Ce n'est rien me direz vous, au final c'est la même destination, faire du camping à vélo. Oui mais non.
Le "bikepacking" n'est pas une pratique globale de cyclocamping, c'est une méthode particulière de rangement. On parle du matériel en premier et non de la pratique à laquelle le "bikepacking" est destiné.
Comme il y a un "esprit Gravel®", il y aurait un "esprit bikepacking".

Dans le "bikepacking", le cycliste s'impose une contrainte de taille. Enfin, de place surtout.
Un cyclotouriste en sacoches peut facilement trimballer un gros volume de matériel sur son vélo. Il en a la place. C'est une bonne solution pour emporter beaucoup de choses pour un long et lent voyage. De plus son vélo est adapté pour. Il est long, solide, propose souvent une position relevée, cela pour diriger son vélo de manière plus aisée.
Car une fois remplies, les sacoches imposent au cycliste de piloter une monture souvent lourde, et pataude.
La répartition inégale et non équilibrée des masses sur les différentes parties du vélo contraignent le cycliste à les subir et non à les utiliser. On voit souvent une béquille sur ces vélos, ou un ressort permettant à la direction de rester dans son axe...

Au contraire, le "bikepacking" recherche l'économie. Le cycliste doit ranger tout le matériel nécessaire en utilisant au maximum l'espace disponible sur le vélo.
Certes, cela limite le volume et la quantité de matériel transportable. Mais cela oblige le cycliste à optimiser, à choisir tel élément plutôt qu'un autre, de façon à ne s'équiper que de l'indispensable.
De plus. La disposition des rangements permet une répartition des masses bien plus efficace que des sacoches classiques. Le vélo est plus lourd de son chargement, mais c'est l'ensemble de sa structure qui est alourdie et non certains points.
La différence se ressent en tout terrain. Là où les sacoches vibrent, ballotent et font tanguer le vélo, il est alors une masse stable, compacte dont l'inertie subit le mouvement de la machine au lieu de la dériver.
C'est un usage très répandu en brevet ou "ultra". Forme de cyclotourisme où on relie un point à un autre sur une longue distance en un minimum de temps. L'encombrement est le plus réduit possible, le matériel emporté n'est que le strict nécessaire.

Certains parlent d'un gain aérodynamique. Il est pour moi totalement superflu et ne constitue en rien un argument de poids pour le "bikepacking". L'important résidant dans la maniabilité du vélo en toute circonstance. 

"Oui mais c'est chiant de tout ranger." Oh oui c'est chiant, c'est même pénible quand tu sais qu'il te faut une heure chaque matin pour ranger l'intégralité de ton matériel DANS ton vélo. Mais c'est un rituel, une habitude qui t'impose un rythme et qui rentre dans l'esprit d'optimisation de la méthode...

"Oui mais c'est trop cher." Oh non. Le prix, pour du matériel de qualité, est équivalent entre des sacoches indépendantes, les porte bagages et des sacoches de cadre, de selle, etc... 

"Oui mais c'est pas moins lourd." Oh oui, on ne gagne pas vraiment en poids à installer douze petits sacs plutôt que 2 racks et 5 sacoches. Quoique, j'ai jamais vraiment pesé.

"Oui mais mes sacoches sont étanches." Oh oui, mais les petits sacs étanches permettent de compartimenter les sacoches de cadre ou se fixent contre les fourreaux de fourche.

"Oui mais avec une sacoche plein cadre y'a une forte prise au vent." Plus qu'avec des latérales ?? LOL

"Oui mais c'est une mode de bobo trentenaire." Oh oui, mais est ce pire que le ski ou le nautisme ?

"Oui mais pour le velotaf c'est nul car il faut mettre et remettre les sacs." Oh oui, si tu ranges pas ton vélo dans un local sécurisé, tu peux oublier. Mais c'est pas le but, on parle de randonner.

Comme je l'ai dit dans un article précédent: "c'est pas une science exacte !".
Rien n’empêche de mélanger les genres, l’intérêt reste l'optimisation du transport de matériel en fonction de sa pratique cycliste.
Cependant, remplacer l’anglicisme "bicyle touring" ou "cyclorandonnée" par "bikepacking" n'est pas une bonne idée. D'abord, c'est étymologiquement faux et les dispositifs et les pratiques sont différentes. Ces usages sont désormais bien développés, nous pouvons donc nous permettre de les distinguer, afin de rendre les discutions claires, sans pour autant cloisonner les pratiques.


Maintenant illustration avec des images que vous avez déjà vu mille fois.
A vous de distinguer le vélo "bikepacking" du vélo "touring".








mercredi 29 août 2018

Le jeu du siège.


Après de bonnes vacances passées en sa compagnie, il est désormais temps de vous parler du matos élu "Produit de l'année 2018" par la rédaction de enroutepourlenthousiasme.

Ça faisait bien un an que j'y pensais, après quelques voyages et vacances effectués sans, il m'est apparu que son absence prenait beaucoup trop de place. Seule ombre au tableau, le poids et l'encombrement.
J'ai une tente légère qui prend peu de place, idem pour le nécessaire de couchage, j'ai un peu tout optimisé sur le vélo.
Suis-je à 500g près ?
C'est le poids d'un paquet de pâtes. Sur un vélo de 20kg tout mouillé, c'est un détail.

Le déclic vient d'Aurillac.
Au festival de théatre de rue, on passe son temps le cul par terre à attendre ou regarder un spectacle. Il y a deux ans j'ai du me résigner et apporter un trépied. En effet, ma souplesse légendaire m'interdit de rester assis par terre plus de 20min sans souffrir le martyr.
Une fois passé le cap du trépied, en assumer les règles et les contraintes, on vit le festival différemment. On voit enfin les spectacles, on ne souffre plus et on a pas mal au dos en fin de journée. En revanche on fait partie des vieux cons. Faut pouvoir encaisser.

J'attendais d'avoir 30 ans pour investir.

Un jour je me retrouve à devoir aller au parc avec des amis et leur enfant de très petite taille. Ça veut dire s'assoir dans l'herbe et faire semblant que tout va bien.
J'aime mes amis. Je fais un détour par le Vieux Campeur et je les rejoins.

500g, il tient nickel dans mon sac à dos.



Merci Karo pour ton joli doigt.

Je mets 10 minutes à déplier le bordel et....

ahhhhhh, mais qu'on est bien !! La vérité est enfin révélée.

Maintenant va falloir caser ça sur le vélo.
Dans le sac noir fixé au cintre, parfait.



Sa présence est elle notable en roulant ? pas du tout.
Par contre au camping, le plaisir nous ouvre ses portes. Vous pourriez me dire "nan mais y'a toujours une chaise qui traine". Peut être, mais faire la cuisine au sol devient super pénible.
En plus, je l'ai systématiquement avec moi, même en bivouac.

Avec un peu de pratique, il est monté en 5 secondes. L'assise est basse mais vraiment confortable. On peut l'utiliser soit comme un petit siège, soit s'y vautrer comme dans un fauteuil et étendre ses jambes. C'est le gros avantage face à un trépied. Il est tellement agréable que souvent je le préfère à un autre siège disponible.








Comme il est très léger, il peut s'envoler. Il n'est pas rigide et il faut faire attention en s'asseyant. Il ne convient pas à nos amis les gros (qu'on aime pourtant très fort).
Le prix, quoi le prix ?
Il correspond à la logique "payer plus pour peser moins". Certes j'ai un peu pleuré en payant, mais l'usage que j'en ai eu par la suite a conforté mon choix. Je me suis même retrouvé dans des situations où je ne l'avais pas et j'ai dit "j'aurais du prendre mon pliant !".

Et puis Aurillac ce mois d'Aout. L'autre avantage de ce fauteuil est d'être moins haut qu'un trépied Decathlon. Je pouvais donc me mettre soit sur la même ligne soit juste devant eux en m'affalant un peu. Les jambes pliées je prenais moins de place qu'une personne assise par terre. Personne ne s'est plaint de moi, peut être que certains m'ont jalousé avec leur cul douloureux sur le sol trop dur.

Bref. Du matériel de professionnel. Vous avez 30 ans passé, vous avez mal au cul, aux cannes et au dos à force de vous assoir par terre ? Les sièges Decathlon sont bien trop lourds ? Voilà ce qu'il vous faut.
Si vous êtes amateurs de posage de cul, vous ne serez pas déçus.

Ya même une version rocking chair !!

samedi 18 août 2018

Un peu d'été.


 Le château






La citrouille

 

La promenade

lundi 30 juillet 2018

Le cas ortlieb city

C'est l'été.
Et comme c'est l'été les copains partent en vacances, et quelques uns partent à vélo.
Viennent alors les messages "coucou tu conseilles quoi comme sacoche ?"

Je réponds systématiquement "SURTOUT PAS LES ORTLIEB CITY !"
"Mais pourquoi, elles ont l'air bien et elles sont partout moins cher de 30 euros..."



N'Y TOUCHE PAS !

Les City sont le premier modèle de sacoche que j'ai acheté. Et que j'ai revendu après ma première rando.


Oui, ce sont elles, à l'arrière. Jolies, rouges, Ortlieb.

Seulement, voici deux images comparatives City/Classique.



En rouge le modèle City, en noir le modèle Classique.

La structure et les fixations sont identiques, ainsi que la sangle de retrait.
Le diable est dans les détails.

Sur la City, les clips de fermeture sont mâle/mâle. On ne peut donc pas fermer la sacoche par enroulement comme un sac étanche. On est obligé de venir cliper sur les parois latérales.

Cela a deux effets à mes yeux rédhibitoires

- elle n'admet pas de volume extensible, on est obligé d'enrouler pour fermer ou alors on laisse ouvert. Il est impossible de fermer si elle est trop remplie. Im-po-ssible, essayez vous verrez.
- on ne peut pas la transporter en utilisant le clip fermé.

On ne peut transporter la City qu'en utilisant la courroie de décrochage, qui est fine, souple, fragile. Ou en clipant une sangle supplémentaire, sans pouvoir fermer la sacoche...


La Classique comporte en revanche deux fonctionnalités supplémentaires. Elles paraissent facultatives à l'achat mais sont en fait indispensables.

- La sangle de transport. Elle vient aider à compresser la sacoche vers le bas, on la glisse dans le petit crochet. Elle sert aussi à... transporter la sacoche à l'épaule. Et quand elle est chargée de courses, c'est salvateur.

- La sangle de compression. Elle permet une option de transport en plus et assure le maintient de la fermeture de la sacoche. Moins indispensable, elle est tout de même bien pratique à l'usage car elle offre une option de fermeture rapide supplémentaire.

Les clips de fermeture sont mâle/femelle, ce qui permet de rouler et de fermer même avec un volume excédentaire.


En bref, le poids, le prix de la Classique sont supérieurs au modèle City, mais la différence se perçoit lors de l'utilisation, quotidienne mais même occasionnelle. 

Les City sont un modèle d'appel, qui satisfera le cycliste qui pense acheter un produit multi validé. Alors qu'il s'agit, pour ma part, d'une erreur persistante de gamme chez Ortlieb, qui leur permet une large distribution mais aussi une forte présence sur le marché de l'occasion.

Je sais que 30 euros font la différence, mais pour entre produit non fini et une sacoche que l'on gardera plusieurs années, l'économie n'est pas valable.

vendredi 27 juillet 2018

Feu flans belges

Nomad Resist en 35, tringles rigides.
Panaracer Paselas en 35.
Compass Barlow Pass en 38.
Maxxis Ardent en 2.4.
Specialized Sawtooth en 42.

Depuis 2014 je ne monte quasiment que des pneus à flancs beiges. Avec plus ou moins de succès.
J'ai vite usé les Résist, rapidement trop lisses.
J'ai remplacé les Paselas du Croix de Fer par des WTB Nano.
Les Compass on fait quelques mois de vélotaf sur le Fairdale puis ont atterri sur le CDF comme pneus de route.

Seuls les Ardent sur le VTT et les Sawtooth du Awol sont restés une année complète à rouler.
En tubeless.

Voici le résultat pour les Sawtooth:



Les flancs ont séché, puis se sont fissurés en de nombreux endroits. Jusqu'à déchirer et devenir inutilisables sans chambre à air. La matière s'effiloche.
Je les ai utilisés en VTC pour le vélotaf, sur le Fairdale d'abord puis sur le Awol en tubeless depuis mars. Ils doivent avoir 4000b. Aucune crevaison à déplorer, mais un jour de juin, perte de pression lente. Pneu arrière fissuré.

Les Ardent ont beaucoup moins roulé mais leur état n'est pas engageant:




J'ai préféré les changer pour des Ikons avant d'avoir un soucis en rando.

Je ne sais pas si c'est normal. Je ne sais pas si cette usure prématurée à mes yeux est le résultat d'une utilisation normale.
Après les différents retours, problèmes d'étanchéité, fragmentation des tringles, est-il judicieux d'opter pour le flanc beige en tout terrain et en Garnotte ?

Je ne connais pas la fabrication d'un pneu, mais la différence de texture latérale entre un pneu noir et un pneu flancs beiges influe nettement sur la durabilité du pneu.
Je n'ai jamais eu de pneu "noir" fissuré ainsi. Il peut craqueler certes, mais pas de cette manière et au bout d'un certain nombre de bornes et de durée d'utilisation.

Le choix d'un pneu flanc beige sera donc désormais, à mon avis, un choix esthétique en dépit d'une durabilité moindre. Il doit certes exister une grande différence de qualité de fabrication. Entre un Sawtooth à 30e et un Compass à 80e, par exemple (visuellement, la matière est déjà différente.)
Mais cette fantaisie est à mon sens à proscrire pour une utilisation tout terrain.

jeudi 26 juillet 2018

Le jour où j'ai été dégouté de la monoculture, la suite.

Mon ami monocycliste et cycliste Bobousse est nantais.
En plus d'être nantais il est sympa. Mais Nantes c'est loin.
Nantes a été le point de départ de ma première rando de 2013, j'y suis retourné pour une jam de street, et c'est tout.
Alors j'ai dit à Bobousse "vazy, je viens à Nantes à vélo en juillet ! ". Cela me permettra de Garnotter un brin et de tester une partie de la Loire à vélo, en vue d'y repasser en concubinage.

Je planifie un peu. Je trace jusque chez mes parents puis je rejoins un GR jusqu'à Chateauroux, Azay le Rideau puis la Loire.
Peu de dénivelé, de la Garnotte facile. Allez.

Le w.e. précédent le départ est organisé un séjour Garnotte de 12 chez Serge Barnel, dans les Hautes-Alpes. J'en reviens en demi PLS et je retarde mon départ au mardi, zappant ainsi l'étape Lyon-Roanne.
Cela me fait arriver le mardi à Chantelle, tout juste pour voir mon ami Henri jouer son spectacle avec le Footsbarn. Nickel.

Mon vélo est prêt. Peu de changements par rapport à l'année dernière.
J'ai opté pour un cintre Jones, pour essayer.
Une sacoche de selle Apidura vient remplacer la KTM.
J'ai chaussé une paire de Ikon en 2.2, plus roulants que les Ardent en 2.4, dont un flanc (beige) était percé (lui aussi...).
Un sac duvet Cumulus Lite Line 200 remplace mon Decathlon trop léger.
J'ai remplacé le harnais chinois par le châssis Salsa, tout rigide en alu plastique. Ultra stable et très pratique.
Mon mug inox à 2e50 a disparu au profit d'un MSR titane, pour le prestige.
La panoplie est complétée par un fauteuil pliant Hélinox, dont les 500g valent laaaargement le surpoids.

Ah oui. Je suis désormais en 11v. Pédalier Raceface Aeffect 30d, cassette sunrace 11/46, dérailleur et manette Sram GX.
Et j'ai jeté mon ancien cuissard Poseur un peu distendu (2013), j'en ai désormais un nouveau.




Première étape donc, Roanne / Chantelle.
100 bornes de Garnotte pure avec du vrai D+ qui passe bien, dans les contreforts du Massif Central, le Charolais.


C'est en quelque sorte une étape "validation", avec arrivée chez mes parents, petite journée repos familiale. Pour le plaisir.


Pour le plaisir de retraverser ce Bourbonnais que j'aime tant, ces bouchures, ces chemins tout garnottés qui font le sel de ces vallons paisibles.

Le jeudi c'est reparti. Direction La Châtre, pour encore 100 bornes de Garnotage intempestif, suivant un tracé caillouteux.
Il fait très chaud, je bois 5 litres de flotte.





Je me dis que ce voyage ne va pas être si facile.
Et puis j'arrive chez le François, sous un soleil de plomb.


Assez de force pour rejoindre le camping et y poser mon pliant, comme un professionnel du camping.


Pour l'instant les campings sont déserts, je suis un peu l'ovni cycliste.

Le lendemain, le ciel est couvert. C'est une chance, j'ai une centaine de bornes pour atteindre le GR et dépasser Chateauroux.



La Garnotte agricole alterne avec le chemin forestier. C'est très agréable et le le dénivelé a disparu. Cela me permet d'avancer sans craindre le nervous braiquedaune.


Passé Chateauroux, plus de bouchures, plus de bêtes, mais de grandes étendues de cultures.
J'en viens à regretter la Creuse et la peine que j'ai eu l'année passée à partir 50b par jour. Tout est trop plat, trop défini. J'atteins l'Indre, que je suivrai jusqu'à la Loire.
Plus de surprises.



Le petit camping de Châtillon sur Indre est paisible, je suis le seul campeur. Demain je tenterai de rejoindre la Loire.




Heureusement, si les vallons m'ont abandonnés, le GR me réserve bien des surprises en terme de biotope. Passé Loches, je décide je rejoindre Azay Le Rideau, ce qui me fait gagner un jour en évitant Tours. Je ne saurais pas si c'était une bonne idée.

Le camping près du château est très accueillant mais l'ambiance a changé.
Plein de gens, des étrangers, des familles, des cyclistes.

Je suis traumatisé par ces gens pilotant des VTC avec 4 sacoches énormes, autant de bagages et ... un maillet. Ils ont tous un maillet.
Je ne connais pas le poids de leur maillet. Mais en camping, itinérant, en France, sur un parcours emprunté, un maillet... Je me dis alors que je suis pas si stupide avec mon pliant, et je les regarde préparer leur repas, le cul par terre.
On discute un peu. Beaucoup font une cinquantaine de kilomètres par jour, sur l'Eurovélo, puis prennent le train. Angers - Orléans pour les uns, Nantes - Tours pour un autre.
Je suis curieux de voir enfin cet Eurovélo dont on parle tant, cette Loire à vélo qui nourrit tant de vacanciers.

Je quitte Azay le Rideau en visant Angers. Un centaine de bornes le long de la Loire.
Je m’aperçois instantanément que je n'ai rien à y faire.

L'itinéraire n'est pas dénué d’intérêt. Il permet d'effectuer le trajet entre plusieurs villes, quelques châteaux, de façon très sécurisée et peu difficile.
De plus mon vélo n'est pas du tout adapté au bitume et encore moins au plat. Gonflé à 2.5, j'ai rapidement mal aux mains, puis au cul, puis aux mains. Je change de position toutes les 30 secondes et je ne pense plus qu'à ça. Il n'y a aucun effort à produire, pas de dynamisme, pas de changement.

Fort heureusement, avant Saumur je croise des vttistes que j'accompagne sur des singles, me faisant oublier les précédents kilomètres. On joue à la grosse quéquette, ils font les malins en enduro puis me demandent comment je fais pour les suivre avec mon tout rigide et mes bagages.
Mais le supplice continue après Saumur où le paysage est fade, l'itinéraire lassant. Je tente des escapades. Tout est plat et je ne fais que rallonger le supplice.
J'arrive à Angers cassé, un peu blasé.
Heureusement le camping du Jar est sympa, quelques discutions autour d'une bière locale avec d'autres cyclistes croisés.






Le Bobousse a son lundi, il pourra donc venir à ma rencontre le lendemain.
Angers - Nantes.
Je subis jusqu'à midi, il fait chaud, tout est fermé, je commence à en avoir marre.
Puis Bob me rejoins et m'accompagne. Tout est alors plus facile. On discute, on se relaie un peu, on échange nos vélos.
Ça doit être ça le plaisir de la Loire à vélo, le partage. La petite bière à l'arrivée, le plaisir d'avoir roulé ensemble.





Je suis pas déçu d'avoir passé ces 2 jours sur cet itinéraire, je sais désormais comment l’appréhender.
Je sais aussi ce que je dois éviter si je dois rouler seul.
Mais sur 5 jours pleins de rando c'est un peu chiche. La prochaine fois, je saurais qu'il faut que je m'en tienne à la sacro sainte Garnotte.
J'ai sans doute aussi mis la barre trop basse. J'ai peut être besoin de souffrir un peu plus, par le D+, par le technique. Surtout que je suis prêt pour ça. M'enfin.

Sur les 3 jours de GR, j'aurais profité pleinement de mon équipement et je recommande encore et toujours l'usage d'un VTT rigide emballé, en 30/46 (que j'ai utilisé maintes fois) dès qu'on s'attaque à la ruralité forestière. L'ensemble est étonnamment très maniable et le poids du vélo s'oublie très rapidement. La stabilité et l'équilibre sont vraiment les clefs du vélo "bikepacké". Un vélo performant et confortable... dans la Garnotte.
Cette souffrance sur le bitume plat m'a vraiment surpris. Je n'étais pas prêt à ça. Je me disais "ça va passer, c'est un paquebot, il va rouler tout seul." Je ne me doutais pas une seule seconde souffrir de ma position. Quelque chose ne doit pas aller, mais c'est étrange car je n'avais jamais souffert ainsi avec ce vélo. Le cintre peut-être.

Bref.
Bob et Oriane m’accueillent royalement dans leur chez eux et je profite d'une petite pause entouré de petits chatons mignons.



Une nouvelle traversée de la France, plus rapide, plus plate, différente.

(il manque Roanne-Chantelle)
Peut être que je le referai mais en passant par Poitiers et Cholet. Et un bout de Creuse aussi, j'adore la Creuse.