vendredi 22 janvier 2021

Les accessoires indispensables du petit reconfineur

 Ça faisait bien longtemps que je ne vous avais pas proposé un petit guide de consommation.
L'année 2020, riche en rebondissements, m'a permis d'apprécier certains éléments de mon environnement proche.

En effet, lorsque je suis cloitré chez moi, je relativise et je profite de ce que je peux faire sans culpabiliser. A savoir, passer ma journée en survet' à jouer ou à regarder des trucs.
Paradoxalement, c'est aussi à ce moment là qu'on aspire le plus à profiter de l'extérieur. Même si c'est franchement le pied de rester tranquille chez soi sans pression sociale.

J'ai donc listé les accessoires qui m'ont suivi durant 2020, rendant l'année plus facile.


1) La Thermos 47 cl en inox

Chaque matin à 7h je prépare le café pour ma matinée. On boit du grain moulu frais au moulin. C'est meilleur et c'est moins cher (oui oui). Je remplis ma Thermos et je sirote mon café au travail, quand je peux (en corrigeant surtout).



Elle tient dans un sac de potence, grosse comme un bidon. Le bouchon se dévisse à moitié pour laisser couler dans le mug couvercle. Souvent le café reste chaud jusqu'à 14h. 


2) Le jeu Ghost of Tsushima.

Mon GOTY 2020. Le meilleur de l'action RPG en monde ouvert associé à une direction artistique époustouflante mettant en scène un samouraï dans le Japon féodal. Un voyage magnifique malheureusement accessible seulement sur Playstation 4. 

 

 

L'aventure dépaysera l'amateur de vidéoludisme voulant fuir la grisaille de ce futur troisième confinement.

 

3) la bande dessinée Peau d'Homme

Une œuvre touchante, qui aborde des sujets "très à la mode" comme disent les boomers. Je l'ai appréciée pour sa justesse et la facilité déconcertante avec laquelle elle arrive à choper tes émotions pour les claquer au sol.


Elle est un peu cher je crois, passez à la maison pour la lire si vous voulez. Enfin après le reconfinement, et avant 18h...


4) L'enceinte portable JBL GO 3

Oui, toutafé, ce truc de kéké qui écoute du Niska trop fort sur le banc du parc.
C'est aussi très pratique pour écouter des podcasts féministes dans la cuisine. Et oui.


C'est tout petit, le son est pas pire si on est pas audiophile. De toute façon Rokhaya Diallo n'a pas besoin de caisson de basse pour être percutante.

 

5) L'ensemble de l’œuvre de Bertrand Tavernier

Et notamment tout son travail sur l'histoire du cinéma français.
Alors forcément, ça va pas vous intéresser si vous n'y connaissez rien en cinéma. Cependant Tavernier a le don de rendre passionnant ce qui pourrait être super chiant pour qui n'est pas "cinéphile".


Si vous ne savez pas qui c'est, il y a le délicieux La princesse de Montpensier sur Netflix, puis on en a quelques uns à la maison.



6) Le jeu de plateau Parks

D'abord la boite est magnifique, et puis les illustrations sont splendides, les cartes et les jetons sont trop choupis. Le principe est de marquer le plus de points en visitant le plus de parcs naturels américains.

 



Oui d'accord, ça fait colonialiste et collectionneur consommateur de voyages. Sauf que non en fait, on reste juste sur la table du salon.
Attention, votre randonnée peut être perturbée par des évènements aléatoires. Lors de notre première partie on a frisé l'abandon suite au passage de la tornade Courgette.
Le jeu est simple, il est parfait à deux confinés et peut être joué jusqu'à 5 mais ça doit être moins bien.


7) Adopter un second chat

Ça n'est pas un accessoire, ni un objet.
L'idée peut paraitre idiote, voire complètement dangereuse.
Mais quand vous avez passé 7 ans avec votre petit chaton, que vous le connaissez par cœur, vous aimeriez sans doute apporter un peu plus de gaité dans sa vie. Pour bousculer notre gros Bidoulait, on a adopté Courgette. 

 


On ne peut pas prévoir comment sera le chaton qu'on adopte, on doit s'adapter. Avec Courgette c'est le gros lot. Elle est vive, joueuse, sociable. Bidou doit désormais partager ses croquettes, ses coussins et ses perchoirs. Il a grave le seum...


8) Ecouter FouKi

"La nouvelle Céline", comme dirait Jules Tomi. N’empêche que moi il me met le sourire aux lèvres, il me fait plaisir. Et ses petites tounes ont sur moi quelques fois le même effet qu'un trait de soleil sur une feuille morte.


Le rap francophone en ce moment, c'est le feu. Ecoutez-en.

samedi 9 janvier 2021

samedi 12 décembre 2020

Le jeu de l'année 2020

 Mes amis me demandent souvent pourquoi j'ai autant de jeux, un ordinateur et deux consoles différentes. Cette année 2020 m'en a donné la réponse.

Elle a commencé par nous confiner. Accompagné par Animal Crossing, jeu exclusif à la Nintendo Switch.
J'ai travaillé à distance tout en développant mon ile jusqu'à cumuler 400 heures de jeu, par petites doses quotidiennes.

Je vous en ai déjà parlé. On débarque sur une ile et on s'y installe. L'univers est accueillant, reposant.



Voici ma première capture, au début du jeu, en mars 2020.

 Évoluant en temps réel, le jeu demande de revenir chaque jour, sans pression, pour interagir avec ses voisins, cultiver ses fleurs, cueillir les fruits, participer aux évènements quotidiens. Il a su me séduire par son atmosphère bienveillante et son écriture intelligente, parsemée de traits d'esprit et de blagues sympathiques.

 

 

C’était le jeu parfait pour s'échapper du premier confinement, où corps et esprits étaient cloitrés et muselés. Au fur et à mesure mon ile a grandit doucement, ma maison est bien aménagée, ils ont même organisé une fête de la courge pour me faire plaisir...

 




10 mois plus tard, c'est toujours aussi agréable d'y revenir, de prendre soin des voisins et d'entretenir son jardin. Un peu comme la vraie vie mais sans gouvernement fascisant (une fois que Tom Nook nous a lâché la clochette !)...

 

Oui, j'ai même une repro d'un de mes Turner préférés...
Une fois que notre ile est suffisamment aménagée, le célèbre chanteur Kéké vient nous donner un concert privé...



MAIS il ne s'agit pas de mon jeu de l'année, bien qu'il m'ait happé, je ne le conseillerai pas à tout le monde. 

 

J'ai ensuite englouti le petit jeu français Edgar, Bokbok à Boulzac.
C'est un "pointe et clique" assez court, écrit et réalisé par un petit studio d'animation et de jeu français. L'histoire est sympathique, très drôle, les animations sont chouettes. Rien d'exceptionnel mais j'aime beaucoup ce genre de jeux narratifs indépendants, de type Night in the Woods.

 

Et puis ça commence encore avec un problème de courge...
J'y ai joué sur Switch, mais il est disponible partout.


Tout comme un jeu sans courges, Hades...
On ne présente plus ce "rogue-lite" multi primé, qui a les avantages d'être ultra accessible, ultra progressif et super bien fini. Les devs de Bastion ont enfin pondu un jeu parfait, beau, avec un récit plein de surprises.
Mais pas de courges et pas le temps de prendre des photos...

Et puis, sans rien en attendre, j'ai acheté Ghost of Tsushima. Une autre exclusivité, mais sur PS4.
Un action-rpg en monde ouvert se déroulant durant les invasions mongoles dans un Japon féodal.... j'étais client à fond les ballons.
Je n'ai pas été déçu du voyage...

 


On incarne Jin, le neveu d'un seigneur du clan Sakai, régnant sur Tsushima. Cette ile japonaise subit une invasion mongole, les villages sont colonisés, le peuple est asservi. Jin lutte pour monter une faction résistante pour d'abord sauver son oncle puis libérer l'ile.
Le personnage que l'on incarne est un samouraï confronté à son honneur, devant accepter sa part d'ombre afin d'atteindre ses objectifs.
Bref, c'est un Assassin's creed au Japon. On discute, on libère des camps, des villages, on ramasse de l'expérience, on monte en puissance... Le jeu a la grande qualité de proposer plusieurs approches de "gameplay". On peut jouer la discrétion (assassin), la confrontation directe (samouraï) ou la guérilla (archer), et ce en fonction de nos envies, du terrain, de l'objectif. On est vraiment libre dans nos actions, et les variations offrent de véritables différences.

 



 


Pour l'exploration il n'y a pas de tours à escalader, on dissipe un brouillard sur la carte et on atteint des points de déplacement rapide. On grimpe partout, on chevauche, on nage, on découvre les multiples points d’intérêt qui offrent la plupart du temps une récompense cosmétique ou un sceau de compétence.
Mais le gros point fort de ce jeu est la direction artistique. Il a d'ailleurs été récompensé pour cela très récemment.
D'abord, les environnements sont les plus agréables et variés auxquels il m'a été donné de jouer. Il n'y a pas l'ultra réalisme de RDR2 mais les paysages et leur dynamisme sont proches de Zelda BotW. On en prend plein les yeux, le vent souffle dans les oreilles, les feuilles tournent, les daims nous frôlent, les branches craquent et l'herbe frissonne. Vraiment.
Même en PS4 Slim et sur une petite télé, l'expérience est dingue. Les variations de météo bouleversent l'ambiance, la lumière influe sur nos émotions...
Et puis il y a les bâtiments, les personnages. Tout est dessiné de façon à représenter le plus fidèlement la période traversée. Jusqu'aux détails des coutures des kimonos. 

 



 


Sa vraie force est ce dépaysement, on est transporté dans ce monde à la fois magnifique et cruel. Le propos du récit est dur, violent. Il est question de pouvoir, d'impérialisme, de rapports de soumission et de filiation. Le jeu ne laisse que très peu de place à l'humour, c'est son seul vrai défaut.
Bien sur, il trimballe certains poncifs des jeux en monde ouvert... mais on est habitué aux collectibles nazes, aux quêtes inutiles et quand elles sont enrobées dans une mythologie prenante ou qu'elles nous permettent d'admirer un superbe lever de soleil, ça passe.
Vous l'aurez compris, Ghost of Tsushima c'est ma came, ma cécé, ma guedro. Toutes les images dans cet article sont capturées dans le jeu. Le mode photo est simplement incroyable. C'est à croire qu'ils ont construit le jeu autour. Je me suis souvent surpris à me dire :
"hé mec ça fait 20 min que tu es en train de régler l'heure et la météo pour la photo..."


 
 
 

    (ok, là c'est une cinématique...)


Il est pour moi mille fois le jeu de l'année. Le jeu d'une année qui nous a détruits, asservis, rendus dociles et faibles. Son discours, son écrin, sa passion sont essentiels dans le jeu vidéo. S'évader à Tsushima est un exutoire parfait pour enfouir la colère qui nous ronge.
On peut alors se rappeler qu'il y a un ailleurs, qu'il est bien réel, vivant et magnifique. Et que si on remet un jour les pieds dehors ça sera pour bouffer le monde.



vendredi 11 décembre 2020

Le deuxième frère - Brother Cycles Mehteh

 Après avoir passé quelques mois de juillet à parcourir des chemins français, je commence à connaitre ma pratique cycliste.
Je ne suis pas un routard. Le bitume m'angoisse quand il ne m'ennuie pas. Je préfère partir dans le petit chemin agricole qui rejoint le gué.
Je ne suis pas non plus un vttiste aguerri. Je cale toujours dans les coups de culs à passer rapidement sur des cailloux qui roulent. J'aime bien me faire secouer, mais faut pas trop me fatiguer.
J'ai soupé des balades sur voies vertes et autres canaux mornes. Si le chemin n'est pas de halage, c'est moins drôle.

Par contre j'apprécie fortement tracer ma route dans la foret, longer les domaines paysans, croiser les bêtes et passer le ruisseau. En ayant dans la lorgnette le bar PMU à côté du camping. Une fois ma tente plantée et le pliant déplié, je ne refuse pas une petite canette au bord de la rivière.
Bref. J'aime la rando campagnarde à travers les bouchures et à l'ombre des chênes centenaires.

J'ai roulé en Croix de Fer. J'ai roulé en Big Bro rigide, puis mi mou. Ma rando préférée c'était le GR de Lyon à Royan. J'avais une forme de dingue, le vtt bien chargé, c'était chouette. De l'eau a coulé depuis, enfin surtout de la bière et du koug...
J'aime rouler dans le Bourbonnais, où un VTT semi rigide peut être utile mais bien souvent surévalué. J'utilise plutôt le Croix, en 650x47 c'était pas mal quoiqu'un peu limite parfois. Le freinage mécanique a montré plusieurs fois ses limites, efficace mais peu confortable sur la durée.
Je me suis donc mis à lorgner sérieusement sur les kit cadre aux standards actuels, permettant de monter de gros pneus, des freins à huile et conservant la géométrie d'une randonneuse gravel maniable. Les rageux diront que je rêvais d'un énième Croix de Fer, ils n'auront pas tort.

Déjà satisfait du Big Bro de chez Brother Cycles que je roule depuis quelques années déjà, je me suis tourné vers leur modèle Mehteh.
Initialement vendu avec une fourche carbone, c'est leur vélo "Gravel+", pour les cyclotouristes modernes. La géométrie est assez proche de celle du Croix, les standards mis à jour. J'ai choisi la fourche acier car je n'aime pas trop le carbone et je compte pouvoir la charger comme je veux, en porte tout, plateau ou lowrider. Et puis elle a le bon gout d'être segmentée, ce qui me rappelle le cadre de mes premiers monocycles de trial...

 


Je peux ainsi réutiliser mes roues Asterion en 650, achetées neuves d'occasion et validées sur le Croix avec des Byway en 47. Je monte rapidement des Panaracer Gravelking en 2.1. Malgré ma mauvaise expérience avec la version lisse en 32 et chambres à air, je pense qu'en tubeless ça se passera mieux.
Pour l'instant je trouve la taille de section parfaite, pas trop grosse et bien confortable dans la caillasse. Ils accrochent bien sur le sec et sont suffisant dans la chiasse.

Je réutilise aussi mon cintre Ritchey Venturemax en 46. Bien large pour la stabilité dans les drops, toujours la bonne poigne pour freiner d'un doigt.
Je découvre le freinage en Shimano GRX. Le passage de vitesse me semble pour l'instant moins précis et moins agréable que le précieux doubletap de Sram... mais le freinage rattrape laaaaaaargement le flou des vitesses. Sans doute faut-il que je m'adapte encore.
Le toucher des manettes à huile est incomparablement meilleur que le mécanique. Le retour en arrière me semble déjà impossible tellement le mordant est progressif et s'adapte à la pression exercée par la main. Comme en VTT, cette précision apporte un confort indispensable en tout terrain et en chemin "engagé". Les doigts ne sont plus crispés pour maintenir la bonne pression, c'est le système qui s'en occupe...




Le pédalier double...
Le.
pédalier.
DOUBLE !

Vous avez bien lu.
J'ai été convaincu par le montage de mon Croix en 46/30 avec un pédalier FSA dégueulasse.
A la base je voulais monter un Sugino 46/30 avec un dérailleur double GRX arrière sur du 11/40. Le Sugino est bien trop cher, j'ai du prendre un GRX en forme de slip et il ne fonctionne qu'avec une cassette 11/36. Me demandez pas pourquoi, ce sont des histoires de longueur de chaine et de capacités de dérailleur. Renseignez vous vous même je suis pas au boulot.
Toujours est-il que 30/36 c'est nickel dans le pentu qui roule et qui glisse alors que le 46 permet d'amener un peu plus dans le roulant. J'aime beaucoup. Et même chargé ça ira très bien. 



Je rembarque le reste de mes périfs Thomson préférés, ma selle Fabric en 142mm et mes pédales plates en nylon. La base, le confort et le plaisir.
Avec toujours une bonne sacoche de cadre pour transporter l'essentiel et la petite sacoche de selle Decathlon pour les outils (Clément si tu me lis...)
La légère touche tuning est l'assemblage du jdd Hope et les portes bidons vintage de chez Vetta.

 




Voilà.
Mon nouveau vélo est prêt. C'est un véritable canapé à rouler, parfait pour envisager un cassage de chemins vicinaux en bonnet du forme. J'espère qu'en 2021 on aura l'accès au printemps. 

Merci aux copains de Baroudeur Cycles pour le montage du vélo et les photos. Bisous à vous.



On se quitte avec une photo de Courgette, notre nouvelle chatte: 

 




samedi 25 juillet 2020

C'est la fin mon ami - Bilan de 5 années de vélotaf





Une grande page de ma vie vient de se tourner. Je n'irai plus jamais travailler dans l'Ain, à minimum 45 min de vélo de chez moi.
Je n'ai plus à me lever trop tôt et me dépêcher de partir le soir.
Je vais travailler à 3 km, 15 min à vélo.

Je tire un trait sur 5 années de vélotaf plutôt intensif.
5 années où l'effort le plus conséquent de la journée était de me tirer du lit.

Le froid n'est pas un problème, plusieurs couches suffisent à s'isoler.
La pluie n'est pas un problème, statistiquement le vélotaffeur subit peu les intempéries. Une ou deux douches par an, grand maximum.
La nuit n'est pas un problème, l'éclairage des lampes modernes est très efficace.
Le plus difficile est d'affronter un réveil trop tôt, extraire son corps de la chaleur des draps et partir rapidement.
Le reste n'est qu'habitudes et adaptations.

Cette année, entre l'obligation de prendre le train et le confinement, j'ai pas roulé grand chose, ça m'a beaucoup manqué.

Un trajet vélotaf paisible permet durant l'aller d'organiser mentalement sa journée et de réveiller son corps en douceur.
Le retour sert de sas de décompression où on déconstruit la journée passée.
Psychologiquement, c'est un aménagement très bénéfique, qui fait "joint" entre la vie quotidienne et le travail.

Je vais gagner en sommeil ce que je vais perdre en plaisir cycliste.


1) Un investissement matériel.

Pour ces 5 années, j'ai utilisé 2 vélos, qui ont évolué en fonction de mes besoins.

J'ai commencé avec un Fairdale cintre route, chargement arrière, que j'ai ensuite passé en cintre plat et chargement avant:








 
(bas de Rilleux, inondations Janvier 2018)

 J'ai installé un moyeu dynamo, des garde boue bien couvrants.
Chaque jour j'empruntais un chemin de halage sur une bonne dizaine de kilomètres. Au fur et à mesure ce chemin est devenu de plus en plus mauvais.
Puis en voulant monter des pneus tubeless plus gros, j'ai changé de vélo, pour un Specialized Awol cintre route, chargement avant:



Le vélo de gravelotaf parfait, un peu lourd mais très fonctionnel et confortable.
Il n'a pas changé depuis.

J'ai toujours pu garer mon vélo dans les écoles, dans un endroit couvert.
J'avais juste à sortir mon sac d'affaires de mon sac porteur et aller me faire un café.


2) Un investissement humain

J'étais remplaçant affecté à des postes de longue durée et des compléments de temps partiels.

Chaque année j'ai changé d'école, j'ai du concilier la distance et les horaires de classes.
Chaque année j'ai du rencontrer une nouvelle équipe, accepter de nouvelles conditions de travail.
Chaque année j'ai changé de niveau de classe, adapté mes méthodes de travail et potassé les notions à atteindre.

J'ai accepté cette ultra flexibilité et ces investissements vains en contrepartie d'une grande liberté d'action et de l'acquisition d'une expérience indispensable pour exercer mon métier.


(le lac de Miribel trop tôt le matin)


Être "le remplaçant à vélo" m'a accordé un statut particulier et au final, une réputation positive.
J'ai rapidement été connu dans la circonscription. J'en ai pas mal joué.
Je suis un homme et je pense ne pas correspondre au cliché institutionnel de l'enseignant modèle. Pour ces deux raisons, mes erreurs ont été moins sévèrement jugées et on m'accordait plus de liberté qu'à des collègues femmes en poste depuis quelques années.
En ayant une classe durant une durée courte, j'ai pu apprendre, essayer, expérimenter des méthodes de travail, en fonction des élèves et des moyens dont je disposais.

Par exemple:
J'ai été nommé le jour de la prérentrée sur une classe de petite / grande section, pour l'année.
J'ai du, sans aucune préparation, assurer la rentrée à l'école de petits enfants et rassurer les parents des grands que leurs enfants ne régresseront pas cette année.
Aidé par une ATSEM extraordinaire, on a mis en place un système de tutorat entre les élèves et des plans de travail visant à autonomiser les petits. Une sorte de montessorisme avec trois bouts de ficelle.
Je n'avais jamais été préparé à ça, bien trop peu formé.
Malgré la difficulté d'organisation et mes 25km de vélo pour y aller, cela restera une de mes meilleures années de travail.

Mais l'année d'après, j'avais un CE1/CE2 dans une autre école...


(Chemin de halage entre Miribel et Thil)


C'était le jeu, et c'est celui de tous les remplaçants. Boucher les trous laissés par les gens malades, absents, en difficulté...
Se plier, ménager, concilier, résoudre et comprendre. Et recommencer.
C'est un métier qu'on apprend sur le tas, avec des dommages collatéraux, des échecs et des réussites satisfaisantes. Il y a souvent l'avantage de ne pas assumer l'entière responsabilité d'une classe et l'inconvénient de n'avoir jamais de poste de travail à soi.
Il faut sans cesse se réinvestir, aller vers les gens, s'imposer, inventer et perdre le résultat de tous ces efforts.

J'avoue, j'étais fatigué de ne jamais faire partie de l'équipe, d'être toujours celui qui était de passage et avec qui certain.e.s restaient distant.e.s.
Désormais, je vais pouvoir espérer construire quelque chose à un endroit, en étant la personne légitime pour le faire. Ne plus être le substitut d'une absence ou le complément d'un.e titulaire.

Quand je suis entré dans ma nouvelle école, on m'a indiqué le couloir où se rangent les vélos des personnels. On part sur de bonnes bases je pense...


(vue depuis la cour d'une école de Miribel, à l'heure de l'ouverture de l'accueil périscolaire)


3) Un investissement moral

La crise sanitaire du Covid-19 et le confinement que nous avons subis ont marqué à jamais le fonctionnement de l'éducation nationale.
Personne n'était prêt.e, personne n'était formé.e et pourtant chacun.e s'est battu.e avec ses petites mains et son petit ordinateur pour communiquer avec ses élèves.
Cela a détruit les liens entre certaines familles et l'école. Mais cela a surtout permis à nos gouvernants d'engager leurs réformes en profondeur.

La rentrée 2020-2021 sera extraordinaire et les "aménagements sanitaires" seront le lit des "aménagements scolaires".
Après avoir testé l’élasticité des directions d'établissement pour le déconfinement, il va falloir faire preuve d'une souplesse exemplaire pour accepter et mettre en place sans broncher de nouveaux dispositifs 2 jours avant la rentrée.

Ce qui est pour moi un nouveau départ personnel sera aussi le début de nouvelles expérimentations.
2s2c, chefs d'établissements, évaluations pour tous... la porte est ouverte.





jeudi 23 juillet 2020

La GTB - Grande Traversée du Bourbonnais

A la base, je voulais prendre mon vtt et parcourir la GTMC (grande traversée du massif central) jusqu'à Aurillac, pour aller voir ma mémé.

Cette année je n'ai pas roulé, j'ai été confiné, je pars donc avec une condition physique proche d' Homer Simpson...




Première étape, Moulins - Cosne d'Allier:

Je connais bien ce trajet, mi garnotte mi route pourrie mi bon D+ ...
Départ à 14h, pas dormi, mal mangé, plus de jambes au bout de 30 bornes.

AH BAH CA COMMENCE BIEN

Heureusement le Bourbonnais est là pour régaler:






J'arrive en vie chez mes parents, mais pas franchement serein...


Deuxième étape, Cosne d'Allier - Ebreuil:

Départ tôt, arrivée 14h. Pourtant, 70 bornes et 1100d+.
Je suis bien satisfait de ma condition, gros plaisir sur le chemin et le paysage.
Et surtout pas fâché d'avoir acquis une fourche suspendue. Les descentes deviennent un vrai bonheur, sans souffrances inutiles et perte d’adhérence.

Par contre, ça grimpait de type beaucoup. J'avais prévu de faire 700d+, où est le truc ?
Ah. Toutes mes évaluations sont fausses. Et le 800 prévu demain, le 1200 après ?? On dirait bien que bikemap m'a ken.








Le petit camping d'Ebreuil en bord de Sioule est très agréable et leurs burger végétariens.
Une bonne nuit me permettra d'appréhender le lendemain plus aisément.

Troisième étape, Ebreuil - Pontgibaud Riom:

Je pars tranquille mais ça tabasse direct.
Et vazy que je te fais passer dans un ruisseau raviné, tu enchaines avec 500m de caillasse à 13%.
Et repetita.
D'accord.

Alors que ceux qui disent que "ça passe en gravel" m'expliquent.
Là je suis en VTT, ça passe bien pour qui aurait un semblant de condition physique, mais les relances dans les coups de culs, je vois pas à quel moment ça pourrait passer en 40x36 et pneus en 42 semi slick...

Ceci n'est pas la GTMC:





Sachant que ça va continuer ainsi pendant 4 jours. Je tire ma route vers Riom pour choper un train.
Le plaisir s’arrête là où la galère commence.

Je reviendrai avec mon Papa Bourru, il me portera mes affaires et ça ira biiiiiiien mieux.



Ah oui j'avais oublié, je suis parti en mode gros touriste foule confort.
J'ai pesé mes bagages en arrivant pour savoir.




J'ai perdu 3kg, mais mon bordel pèse 9kg (sans l'eau)...
Chose intéressante à noter, je n'utilise plus de cuissard. Et je ne sens aucune différence !



Bref, c'était un beau défi, j'ai passé du bon temps sur mon vélo. A retenter dans de meilleures conditions.
Mais comme dit le proverbe : "je suis pas venu pour souffrir, d'accord"


PS: oui sur les photos "ça passe en gravel", quand ça tape je pédale...